C’est parti pour le blog…

Ou plutôt, c’est reparti. J’ai déjà donné dans l’exercice plus d’une fois. Mais ce coup-ci, ça sera au gré des envies. Sans pression.

J’y parlerai un peu de l’artisanat littéraire. Modérément – et pas avec des conseils. Pour ma part, je pense que les supposées “astuces d’écriture” sont surtout très stressantes pour les débutants. Ils en viennent à se surveiller au moment du premier jet, alors que c’est précisément à cette étape qu’il faut pouvoir ouvrir les vannes et laisser couler le flot.

Chaque personne est différente, chacune de ses œuvres l’est aussi. C’est pourquoi j’ai toujours préféré analyser un texte existant (oui, ça m’arrive encore assez souvent, via Plume d’Argent en particulier). Là, on voit clairement sur quels atouts l’auteur va pouvoir s’appuyer… et quels aspects il devrait sans doute retravailler.

Parce qu’à vrai dire, les bases d’un roman réussi, on en fait vite le tour… même si certaines compétences sont très longues à acquérir – et c’est bien toute la difficulté :

  • Maîtriser la langue française
  • Tenir une bonne histoire
  • Savoir utiliser et doser tous ses outils
  • Conduire et contrôler ses points de vue
  • Construire des personnages vivants, dont le destin préoccupera le lecteur
  • Apporter un regard original, que le style soit simple ou élaboré
  • Soigner le dénouement

Nota : si quelqu’un trouve un autre point fondamental, qu’il ne se gêne pas pour l’ajouter en commentaire, j’ai pu oublier quelque chose. D’autre part, il est clair comme de l’eau de roche que le potentiel de certains auteurs éclate à la lecture de leurs textes, alors que toutes ces bases ne sont pas encore établies. Un bon travail éditorial peut faire le job, dans ce cas.

Je prépare aussi un billet sur les limites et les pièges d’Antidote. C’est un outil merveilleux, rien à dire, je ne m’en passerais pour rien au monde… mais à l’abord de certains textes (je suis une lectrice insatiable), il est facile de voir la manière on peut se prendre les pieds dans le tapis, pour avoir suivi méticuleusement les conseils stylistiques dudit logiciel. Il faut commencer par se rappeler que celui-ci n’est pas dédié à la littérature, mais couvre tous les registres rédactionnels. Communication, discours, mails professionnels, etc. Ça change la donne.

Et puis surtout, surtout… j’ai envie de chroniquer des romans. Fantasy, Science-fiction en priorité… et en particulier : les perles repérées en auto-édition. Mais je les pisterai par mes propres moyens, hors service presse. Elles restent rares et ne sont pratiquement jamais saluées, dans le bazar de la surproduction actuelle. Je m’engage à faire la différence, sur ce point. Qualité du texte, du style (qu’il soit simple ou créatif), fini éditorial… il y a vraiment des gens qui travaillent avec beaucoup d’exigence envers eux-mêmes. Les résultats sont là et ils méritent d’être mis en lumière.

À bientôt, pour le début de l’aventure… 🙂

10 thoughts on “C’est parti pour le blog…

  1. Woodwind

    Intéressant. Il m’est arrivé de voir tous ces “guides d’écriture”, parfois d’ailleurs proposés par des auteurs tout aussi débutants que leur public cible, et de me faire cette réflexion : et si au lieu d’expliquer comment écrire, on se contentait de dire ce qu’il faut éviter de faire, à commencer par suivre les conseils d’écriture ? Il est toujours plus facile de rectifier ses erreurs lors des corrections que de forcer la colonne vertébrale du premier jet. Chaque fois que j’ai essayé, cela a sonné faux et tout est parti à la corbeille.

    • Lohiel

      Bonjour et merci de la visite 😉

      Effectivement, ces “astuces d’écriture” qui traînent partout sur internet sont une vraie plaie… en ce qui me concerne, quand j’ai travaillé avec des écrivains, c’était toujours sur la base du texte. C’est là que tout se passe, et de manière originale pour chacun d’entre eux.

      Il m’est arrivé plus d’une fois de déminer des textes qui tentaient de suivre ce genre de recommandation. Les “préceptes d’évitement”, en particulier, quel massacre…

      On le voit bien… à peu près chacun de ces conseils peut être démonté par des contre-exemples pris chez des écrivains de poids (cf. billet sur les “verbes ternes”, à deux pas d’ici).

      Il existe quelques courts manuels, très basiques – écrits par des auteurs éprouvés – qui récapitulent ce qu’on sait (sur la gestion des points de vue par exemple) sans chercher d’autre “truc magique” ; à mon humble avis, il suffit d’en choisir un et de s’y tenir.

      Mais bon, toute cette pagaille d’avertissements divers est entretenue par des blogueurs qui pensent qu’en donnant des conseils d’écriture, ils attireront l’œil. Ce qui est aussi une erreur, je pense. Quand vous écrivez, votre auditoire ce ne sont pas les autres auteurs, mais les lecteurs. Avec les premiers, vous pouvez entretenir des relations intéressantes, dans un esprit de réciprocité, mais ils s’intéressent en priorité à leur propre promotion – ce qui est absolument légitime.

      Quand vous appréciez le travail de quelqu’un, que c’est réciproque, il peut y avoir échange de chroniques, oui… mais le but de cet alter ego n’est sûrement pas de vous soutenir et de parler largement de vous, il a bien assez à faire avec sa propre production.

      • Woodwind

        Pour moi, on navigue à mi-chemin de l’auto-promotion par la tentative de formation d’une “école” autour de ces auteur-blogueurs (légitime, effectivement, bien que vain à mon avis) et l’espoir que ces partages de perles de sagesse vaudront la reconnaissance des pairs à leur auteur… donc un renvoi d’ascenseur, car tout le monde semble se transformer en critique littéraire de nos jours.

        À mon humble avis, il s’agit d’un entre-soi basé non tant sur la sensibilité artistique que sur le désir de se sentir soutenu, aussi bien moralement qu’en terme de communication, même si cela dépasse difficilement la communauté des auteurs sur le web. Pire : sur ce modèle, on a vu apparaître une communauté d’auteurs critiques littéraires qui s’envoient et se renvoient fleurs et chocolats à travers leurs articles de blogs, à moitié pour se forger une image positive et bienveillante, à moitié par peur de la réciproque en cas de retour négatif puisque tout le monde est devenu professionnel de l’édition sur WordPress. Cela ne sert personne et surtout pas le lecteur égaré, mais gare à ceux qui critiqueront ce système tacite : ils seront considérés comme des auteurs frustrés et malveillants.

        Je préfère cent fois aller me frotter à des retours cinglants sur Scribay que rechercher une tape dans le dos à cinq étoiles sur un blog un peu trop “bienveillant”. Je ne crois pas me tromper en prétendant qu’on ne progresse pas en suivant des guides ou une méthode particulière (surtout si elle est générique), mais plutôt en se confrontant à un lectorat exigeant qui ne laissera rien passer. C’est la même différence qu’entre celui qui lit le manuel d’entraînement et celui qui s’entraîne pour de bon en faisant des matchs amicaux avant le tournoi.

        • Lohiel

          En fait, on fonctionne tous sur le même modèle. On a tendance à créer des “groupes de niveaux”.
          En littérature, ça a toujours été comme ça. Du coup, il est logique que le cercle des postulants qui se rêvent “auteurs” sur internet soit de très loin le plus fourni (95% de défection au moins, à 10 ans, parce qu’écrire, c’est difficile, en fait… et très ingrat dans la situation actuelle de chaos généralisé – sans même parler de la précarité organisée des artistes-auteurs pro, cf. le scandale autour de l’enterrement du Rapport Racine).

          Les retours d’ascenseur existent littéralement à tous les étages, Stephen King et John Irving par exemple, n’hésitent jamais à dire du bien l’un de l’autre. Le tout est qu’ils soient honnête et pas guidés par le genre de sentiments que vous décrivez… qui est quand même l’apanage de la médiocrité. Bon, moi je m’offre le luxe de choisir les “perles” de mes chroniques hors SP et sans prévenir l’auteur préalablement, justement pour casser le jeu. Comme quoi, ça m’enquiquine un peu aussi, cette masse de nawak qui bouche l’horizon et invisibilise ceux qui mériteraient plus de succès.

          Mais de toute façon, il faut absolument accepter de ne pas plaire à tout le monde… et aussi que certains seront toujours bien plus géniaux que vous, quel que soit le soin que vous apportez à votre travail. C’est de ce côté-là que se révèle la véritable maturité en écriture, je pense.

          • Woodwind

            Il est indéniable qu’il existera toujours quelqu’un qui écrit mieux, qui arrive à rendre les choses plus intéressantes, plus vivantes, plus agréables à lire. S’il est normal de se comparer à ces auteurs (et de les étudier pour s’améliorer), je crois aussi que la seule personne à abattre pour devenir meilleur, c’est le type qui a écrit notre roman précédent. Même lorsqu’on est entouré, l’écriture est une aventure très solitaire. On se bat contre soi-même, contre les habitudes et les facilités qu’on serait tenté de reproduire, on cherche à se dépasser pour sortir quelque chose de plus beau ou de plus profond que la dernière fois. Avoir honte de ses premiers écrits, c’est réaliser combien on a progressé. Lorsqu’on est trop occupé à se forger une image, je me demande si on n’en vient pas à oublier que ce n’est pas le plus important. Cela peut faire vendre. Un peu. Ça ne rendra pas nos livres meilleurs. Artistiquement comme commercialement, c’est un cul-de-sac à long terme.

            Pour ce qui est des retours d’ascenseurs, je trouve que c’est un phénomène dangereux, aussi bénins puissent-ils paraître. Même entre deux auteurs qui s’entendent et apprécient leurs œuvres respectives, il y a une sorte de contrat moral qui peut amener l’un ou l’autre à ignorer sciemment un défaut du texte. Plus la relation est longue et agréable, moins on a envie de la gâcher en critiquant ce qui mérite de l’être. Une raison de plus pour laquelle un blogueur ne devrait jamais faire de critiques littéraires sous son nom d’auteur… sauf que ces blogs sont précisément tenus pour faire connaître l’auteur et non le critique.

            • Lohiel

              Oui, il y aurait beaucoup à dire sur ces “auteurs” qui vendent leur séduction personnelle pour gonfler les ventes de bouquins bourrés de fautes de français et de maladresses. Ils attirent une nuées de fans qui leur pondent des commentaires élogieux, les enfermant ainsi dans l’illusion de leur propre valeur. Impasse et fausse piste, puisqu’avec quelques années d’huile de coude en plus et une bonne compréhension du fini éditorial, leur œuvre aurait pu tenir debout, pourquoi pas ? (on fait des merveilles avec un travail acharné). Alors que là, ils ont juste attiré l’attention sur leur manque de sérieux.

              Sinon, en ce qui me concerne, c’est le contraire : je suis une ex-pigiste littéraire professionnelle, presse spécialisée, qui désormais s’occupe de son propre travail d’écriture… et j’ai envie de mettre ma technique (en matière de chroniques pro… celles qui ne vantent jamais au grand jamais les “plumes fluides”, vous voyez 😁) au service des auteurs qui méritent *vraiment* qu’on parle d’eux, alors qu’ils sont en AE ou très petites maisons – ce qui revient à peu près au même. D’ailleurs j’ai une “perle” en réserve, mais le bouquin a été provisoirement retiré de la vente, l’autrice ayant attiré l’attention d’une micro-maison et choisi de signer avec eux. Je me débrouille juste pour que sur le blog n’apparaisse qu’un lien assez sobre menant vers l’autre partie du site, j’ai viré tout le reste. Lien qui, de fait, n’attire pas beaucoup de circulation. Mon propos n’est pas de tirer la couverture à moi.

              • Woodwind

                À la lecture du premier paragraphe, j’ai hoché la tête en soupirant tant mon opinion rejoint ces déclarations. Bienvenue dans la Evilteam, l’équipe des auteurs malveillants envers leurs pairs (parce que le monde est binaire, comme chacun le sait).

                • Lohiel

                  Bon, si tu veux continuer la discussion il faut rouvrir un nouveau fil (on arrive bientôt à la limite, et sur certains support, c’est déjà illisible).

                  Alors, non, je ne suis pas “malveillante”, voir mes bêta-lectures par exemple : je dégage longuement tous les points forts, avant de passer au travail qui reste à faire (les auteurs écrivent aussi avec leur confiance en eux, il faut donc la préserver pour qu’ils puissent s’épanouir).

                  Je crois simplement qu’à peu près tout le monde croit pouvoir écrire, parce que le matériel nécessaire est dans tous les foyers… et qu’une immense majorité laissera tomber, parce qu’en réalité… cela demande un travail acharné pendant des années de se rendre capable de composer quelque chose qui tienne debout et soit juste… agréablement lisible. Et après cela, il y a encore l’importance d’un regard original, tout le monde n’en dispose pas. Et après encore, la condition absolument catastrophique des auteurs, actuellement – qui ne changera pas tant qu’ils mythifient l’édition “classique” (laquelle, dans la plupart des cas, les dépouille de tout contre des clopinettes) et ne créeront pas eux-mêmes des structures éditoriales – repensées de fond en comble. Et enfin la surproduction qui fait qu’ils ont très peu de chances d’émerger face au public… et donc de gagner plus de quelques sous.

                  Bref, c’est très ingrat et sans avenir pour 99,9% des gens… Mais les très rares opiniâtres réussiront sans doute à sortir quelque chose d’honorable à force de travail, une infime minorité fera des étincelles… les autres abandonneront. D’où les guillemets que je mets autour du mot “auteur”, dans ma réponse précédente. Juste qu’il ne suffit pas de dire qu’on est alpiniste… alors qu’en réalité, on est encore au pied de l’Anapurna :).

                  • Woodwind

                    Bien entendu, je ne vous accuse pas d’être malveillante. Je vous informe de la catégorie à laquelle vous appartenez dans un monde (et une communauté) qui se veut perpétuellement polarisée. De nos jours, si on n’est pas “bienveillant” jusqu’à la béatitude, si on fait preuve d’esprit critique ou qu’on n’accepte pas de chanter le mantra du soutien à tout sans restriction ni condition, on est identifié comme malveillant, méprisant ou arrogant. Les listes circulent.

                    Je plussoie au reste de votre réponse et notamment à notre incapacité à construire des structures (maisons d’auteurs ?) pour parler d’égal à égal avec les maisons d’édition et promouvoir une vraie professionnalisation/reconnaissance du métier. Je ne pense pas que nous devions nous employer à remplacer les maisons d’édition — chacun son boulot après tout — mais si on veut avoir suffisamment de poids pour pousser l’industrie à muter et à mieux nous traiter qu’elle ne le fait actuellement, il faut sortir de notre isolement et fonder de vraies structures professionnelles. Seulement pour ça, il faut de l’argent, des soutiens dans le secteur et un minimum de légitimité, donc cela ne pourra se faire qu’avec l’aide de grands noms capables d’appuyer le projet. Autrement dit, il faudrait attendre de ceux qui ont réussi à se faire une place dans le système actuel qu’ils prennent le risque de vraiment le remettre en question. Pas gagné.

                    Si vous voulez continuer la discussion ailleurs, vous avez mon adresse mail. ^^

                    • Lohiel

                      Ben, c’est pas trop la catégorie à laquelle j’appartiens en face des pros de l’écriture (ou simplement : de débutants sérieusement doués et bosseurs qui reviennent faire appel à mon “œil” sur leurs textes, régulièrement 🤭)
                      Mais comme disait l’autre “être célèbre sur Twitter, c’est comme être riche au Monopoly” donc bon 😉
                      Sinon, non, ça serait pas si compliqué que ça, mutualisation, etc… le travail éditorial, la mise en page et création d’e-books, c’est franchement pas la mer à boire… c’est juste côté promo qu’il faudrait du monde et des systèmes malins, en ce moment ; il y a des places à prendre, du coup. Et d’ailleurs nombre de supposés “gagnants du système” commencent à se tirer vers l’AE, déjà… (parce que pour gagner avec de tels contrats faustiens, bonne chance ^^)

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