Édition, auto-édition de masse : l’emballement ?

Plus d’un mois que je tourne autour de l’idée de ce billet. Après avoir rédigé une première version, puis décidé que je n’allais pas la publier… j’ai fini par comprendre que le seul angle sous lequel je pouvais raisonnablement l’envisager, c’est celui d’une totale subjectivité.

Ce texte expose donc un point de vue personnel. Le vôtre est peut-être radicalement différent – et pourtant tout aussi légitime.

Auteur cherchant à régler ses problèmes administratifs (Courbet, le désespéré).

Il importe, tout d’abord, de ne stigmatiser personne : le milieu de l’édition, que j’ai côtoyé pendant quelques années, est plein de gens qui se donnent avec passion. Qui cherchent à changer les règles de ce jeu qui fait désormais penser à un manège impossible à stopper. Ou à un rite sacrificiel, dans lequel c’est toujours l’auteur qui finit dévoré… à quelques exceptions près. Mais même ceux qui s’en sortent, les rares chanceux qui bénéficient d’un contrat favorable et d’une bonne communication à la parution de leur œuvre… se retrouvent immédiatement jetés sur un autre champ de bataille. Le statut d’artiste-auteur, et les relations avec les instances administratives qui l’encadrent sont – pour l’instant – un véritable calvaire. Déjà précaire par nature ces dernières années (car les succès de librairie sont rares), le cotisant doit passer de longues heures stressantes à tenter de démêler des embrouilles vertigineuses. Il suffit de suivre les travaux de la Ligue des auteurs professionnels, de lire leurs témoignages, pour comprendre l’ampleur et la diversité des problèmes.

L’hommage à Kafka toujours renouvelé, merci pour lui, mais ça reste assez effrayant. À noter que ce statut est désormais ouvert aux auto-édités, on frémit de reconnaissance.

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Perles de l’auto-édition [1] – Jonas, Thomas Baptiste

Je suis une lectrice insatiable… mais aussi terriblement exigeante. J’ouvre donc cette rubrique, destinée à mettre en valeur des ouvrages de grande qualité issus de l’autoédition ou de très petites maisons. Et à rendre hommage à ces auteurs qui soignent autant leur écriture que le fini éditorial de leurs romans. Attention : je les piste par mes propres moyens, hors service presse, afin de ne subir aucune influence. En revanche, si vous avez découvert récemment une petite merveille encore peu connue, dans les domaine de la fantasy ou de la science-fiction, de l’aventure & genres connexes… n’hésitez pas à me contacter pour m’en faire part ! Merci 🙂


Jonas, de Thomas Baptiste.

Librinova – Couverture : Tiphaine Léard.

Pour inaugurer les Perles de l’auto-édition, mon choix s’est porté sur un titre qui m’a réconciliée avec les indépendants, après une semaine d’errance un peu décourageante parmi les parutions récentes.

Si le monstre climatique imaginé par Thomas Baptiste relève toujours de la science-fiction, fort heureusement, le roman en lui-même n’a rien à envier aux meilleurs thrillers. Entre les personnages parfaitement construits, l’intrigue machiavélique, le rythme haletant et l’écriture tirée au cordeau, aussi maîtrisée que celle des grands noms du genre… on peine à se rappeler qu’on tient entre les mains la première œuvre d’un auteur encore inconnu.

Mieux, il réussit à nous faire visiter les coulisses des télés US, comme de la haute administration civile et militaire, sans jamais se laisser dépasser par l’ampleur de son sujet. Ni par la carrure des protagonistes, dont certains appartiennent aux élites de la politique, des médias ou des services secrets – excusez du peu. Thomas Baptiste dit s’être documenté durant deux ans pour composer ce livre. On ne peut que saluer le succès de l’entreprise, la consistance et l’énergie de l’ensemble. Au final, un récit terriblement addictif, vigoureusement raconté et truffé de surprises.

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